La couronne végétale
M2Q4 — 2024-2025
- Nom du cours Territoire, Espace, Lieu : Habiter le territoire 2024-2025 (ARCH0573-1)
- Nom de(s) (l')étudiant(s) Lucie Manant, Florian Theunissen
- Situation Belgique, Tamines, Pré des Haz
- Sujet paysage , territoire
- Fonction industriel/production , paysage/urbain , résidentiel , sport/loisir , tourisme
- Type de production axonométrie , carte , coupe , croquis , schéma
La Sambre au coeur d'un territoire de clairières et de patrimoines à régénérer
Le but du projet consiste à travailler le plus possible avec l’existant en permettant de le mettre en lumière et en recréant des liaisons, tout en garantissant la cohérence avec un contexte environnant.
Les différents cours d’eau, dont la Sambre fait partie, la végétation et le patrimoine sont les noyaux dans lesquels ce projet vient se construire à Tamines, ville qui forme, avec Auvelais, les deux centres principaux de la commune de Sambreville (vallée de la Sambre entre Charleroi et Namur).
Une première analyse a permis d’établir les différentes continuités vertes et bleues couvrant le territoire de la vallée de la Sambre. Cette dernière démontre que les espaces boisés s’articulent autour des cours d’eau et met surtout en évidence une couronne végétale enveloppant le centre de Tamines.
Cette couronne végétale recouvre un patrimoine industriel assez riche témoignant du passé économique de l’ancien Pays Noir. En effet, la Révolution industrielle a permis la naissance d’industries (manufactures de verres, charbonnages,…) autour de la Sambre, ce qui permettait le transport de marchandises par bateau. Mais, à l’origine, l’économie de cette région était principalement agricole, comme en témoigne l’abbaye d’Oignies ou encore les Alloux, lieu composé de champs et où les paysan.es étaient exempts de taxes sur leurs récoltes durant l’Ancien Régime. Quant à la Biesme, un affluent de la Sambre, aux abords duquel se situe l’abbaye d’Oignies, c’est plutôt un patrimoine proto-industrielle qui s’est plutôt développé (moulins, fours à chaux, forges,…).
Cette partie de la couronne végétale, allant de la vallée de la Biesme jusqu’aux Alloux, présente un intérêt mais possède toutefois une rupture en son centre au niveau de Tamines et de son zoning du Pré des Haz. Afin de regénérer et de recréer des liens entre les différents éléments constituant le territoire de la vallée de la Sambre, il a été nécessaire d’agir sur le zoning du Pré des Haz et le centre de Tamines mais aussi sur leur rapport à la Sambre et à leur contexte.
Quatre stratégies furent donc employées dont la première a été de végétaliser ces zones pour créer des continuités vertes dans la logique de la couronne végétale. Un système de clairières, déjà présent sur le territoire à grande échelle, a été tissé à plus petite échelle. Il permet ainsi de créer des liens vers la Sambre et de générer différentes ambiances entre chaque poches ouvertes. Ces dernières sont à la base de la deuxième stratégie où de nouvelles fonctions sont implantées au sein du Pré des Haz. La poche, le long du chemin de fer, ainsi que la plus à l’ouest, possèdent une fonction économique dans la continuité avec l’abbaye d’Oignies au delà de la Sambre et d’une ancienne fonderie se situant plus loin que le chemin de fer ver lesquels elles s’ouvrent.
Les poches centrales possèdent principalement des fonctions résidentielles car elles sont plus isolées du reste. Elles permettent de donner des vues vers la Sambre et les zones boisées.
La dernière poche, la plus proche du centre de Tamines, retrouve des fonctions commerciales et de loisirs pour augmenter le tourisme et redynamiser le commerce qui s’amenuise. Cette partie, plus urbaine, conserve des berges minérales avec un espace d’esplanade où la Sambre peut s’étendre. Les berges sont renaturalisées pour le reste du Pré des Haz et de l’autre côté de la rive afin de recréer des liens entre ces derniers et de redonner de la place à la Sambre qui est actuellement canalisée.
La troisième stratégie est en continuité avec l’histoire économique de la région qui est caractérisée par son patrimoine industriel et dont le zoning fait aussi partie. Le but est alors de conserver un maximum de patrimoine existant. Les bâtiments conservés subiront tout de même quelques modifications en fonction de leur utilisation mais garderont majoritairement leur fonction économique tandis que les structures conservées seront réutilisés pour y recréer des logements. Certains bâtiments seront démolis pour être reconstruits sur leur dalle.
La dernière stratégie est celle de la circulation qui est entièrement modifiée pour être rendue piétonne afin de limiter l’utilisation de la voiture qui ne se retrouve plus que le long du chemin de fer pour permettre tout de même un accès aux industries. Le centre de Tamines sera aussi rendu piéton, de la place Saint-Martin vers le Pré des Haz. Une passerelle permettra de faire la liaison au dessous de la Sambre vers la vallée de la Biesme au sud tandis qu’au nord un passage sur les rails du chemin de fer permettra de faire la liaison vers les Alloux.
En conclusion, toutes ces stratégies visent à reconnecter Tamines à son territoire grâce aux continuités vertes et bleues, à ne plus voir la Sambre comme une limite mais comme une liaison, à redévelopper une nouvelle économie dans la suite logique de ce qui a existé dans le passé, à conserver l’existant qui fait partie de l’histoire et de l’identité commune des habitant.es de la vallée de la Sambre et de redonner des espaces de qualité et de vie au Pré des Haz qui est au coeur d’une articulation entre tous ces éléments.